
Vivre en Alsace, travailler de l'autre côté de la frontière
Cet article s'appuie sur les données collectées par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) lors du recensement de la population de 2023. Il offre un aperçu des personnes résidant en Alsace et exerçant leur activité professionnelle à l'étranger. Les résultats présentés permettent de mieux comprendre ce phénomène, mais ne remplacent pas les analyses qui pourraient être réalisées à partir des données administratives produites par les pays d'emploi concernés.
Selon la réglementation européenne, un travailleur frontalier est une personne qui réside dans un pays de l'Union européenne et exerce son activité professionnelle dans un autre, tout en rentrant généralement à son domicile chaque jour ou au moins une fois par semaine. Les chiffres présentés ne correspondent pas à un comptage exhaustif de tous les travailleurs. Ils sont issus du recensement de la population et permettent d'estimer le nombre de personnes concernées. Par ailleurs, ils couvrent un champ plus large que la seule définition européenne du travailleur frontalier et incluent l'ensemble des actifs résidant en Alsace et travaillant à l'étranger.
Combien d'Alsaciens travaillent de l'autre côté de la frontière ?
73 800 actifs résidant en Alsace travaillent à l'étranger, soit 8,6 % des 856 200 actifs : environ 1 sur 12.
Selon les estimations faites depuis cette source de données, 43 000 actifs domiciliés en Alsace travaillent en Suisse et 30 000 en Allemagne.
Où vivent-ils ?
La part des travailleurs à l'étranger dépend avant tout de la distance à la frontière : les cantons de Saint-Louis, Wissembourg, Altkirch et Brunstatt-Didenheim regroupent à eux seuls presque 50% des actifs travaillant à l'étranger.
Dans 178 communes, plus d'un actif sur cinq travaille à l'étranger (plus de deux sur cinq dans 88 communes).
Suisse ou Allemagne ?
59 % des travailleurs à l'étranger vont en Suisse, 40 % en Allemagne. La carte représentant la destination principale selon le canton dessine une ligne de partage : le sud du territoire est tourné vers la Suisse alors que le nord et le centre vers l'Allemagne.
Où travaillent plus précisément les actifs qui vont en Suisse ?
Les flux vers la Suisse sont très concentrés vers les cantons de Bâle-Ville (55 % des travailleurs en Suisse) et Bâle-Campagne (25%).
Et ceux qui vont en Allemagne ?
Vers l'Allemagne, les flux sont plus diffus le long du Rhin avec une forte attraction du bassin d'emploi de Karlsruhe au Nord et une influence un peu moins importante de celui de la région de Freiburg. De manière générale, le territoire du Bade-Wurtemberg accueille 88 % des actifs travaillant en Allemagne.
Quels métiers exercent ils ?
Les ouvriers représentent 37 % des travailleurs qui se déplacent hors des frontières françaises, contre 23 % de l'ensemble des actifs alsaciens.
Les cadres représentent 22 % des actifs travaillant en Suisse et 16 % de ceux travaillant en Allemagne.
Dans quels secteurs ?
L'industrie emploie 33 % des travailleurs à l'étranger alors qu'en Alsace elle n'emploie que 17 % des actifs.
Est-ce qu'il y a moins de femmes parmi les travailleurs à l'étranger ?
Les femmes représentent 37 % des travailleurs à l'étranger, contre 48 % du total des actifs alsaciens.
L'âge joue-t-il un rôle déterminant pour les salariés travaillant à l'étranger ?
Les 55 ans et plus représentent 25 % actifs travaillant à l'étranger, contre 19 % de l'ensemble des actifs en Alsace.
La voiture est-elle le moyen de transport privilégié par les travailleurs à l'étranger ?
88 % des frontaliers vont travailler en voiture (contre 72 % de l'ensemble des actifs alsaciens). L'utilisation des transports en commun est plus importante pour les déplacements vers la Suisse (10%) que vers l'Allemagne (3,4%).
Informations sur les données
Les données présentées portent uniquement sur les actifs habitant en Alsace et travaillant à l'étranger.
A noter que les effectifs présentés ont été calculés à partir du fichier détail « Mobilités professionnelles des individus » de l'Insee (2023). Conformément aux recommandations méthodologiques de l'Insee, les résultats sont obtenus en sommant le poids individuel de chaque enregistrement (variable IPONDI), afin de produire des estimations représentatives de la population. Il s'agit donc d'estimations qu'il convient d'analyser avec précaution, d'autant plus lorsque les effectifs sont inférieurs à 200.
À vous d'explorer
Tous les filtres sont maintenant disponibles pour que vous puissiez analyser vous même les données et créer vos propres rendus graphiques.
Cet article s'appuie sur les données issues de l'étude suivante publiée par l'INSEE en juin 2026 :
